A propos/About

J’ai longuement hésité à rédiger une histoire de Emma Goldman, avant tout parce que je doute de mes dans le domaine, ensuite en raison du temps que demande une telle entreprise. Traduire ses textes, même maladroitement, est une chose, écrire une sorte de biographie en est une autre.

Puis une occasion s’est présentée. D’abord une demande quant à une émission de radio sur Emma Goldman. En me demandant ce que l’on pouvait en dire dans un format radiophonique court, sinon ce qui a déjà été dit maintes fois, j’en suis arrivé à la double conclusion que 1) d’autres feront cela mieux que moi, et 2) qu’il n’existait pas en France un travail qui présentait « Goldman l’Intégrale ».

Et puis, une opportunité malheureuse m’a offert un peu de temps pour tester le projet d’écriture, coincé devant l’ordinateur. Tirer un bien d’un mal est une douce vengeance. Et ainsi, je suis revenu à Emma Goldman, décidé à aller plus loin que la seule traduction de ses textes.

Goldman n’est pas facile d’accès. Alice Wexler, une de ses biographes, l’a trouvé « à la fois admirable et irritante « , comme Agnès Ingis, un de ses contemporaines, qui disait qu’elle « inspirait et irritait beaucoup de monde. » 1 Si j’avais découvert Goldman par la lecture de son autobiographie, Living my Life, il est probable que je l’aurais refermé avant la fin sans désirer aller plus loin.

Et en effet, Goldman est irritante, comme l’est le poil à gratter. Elle a irrité ses adversaires comme ses amis politiques, ne suivant que ses convictions, les mettant en pratique la plupart du temps, sans se préoccuper d’une quelconque orthodoxie. Elle parlait de l’anarchisme dans un congrès de l’Association Internationale des Travailleurs comme devant un parterre de journalistes de la presse bourgeoise.

Dans Mother Earth, Margaret Anderson raconte une intervention de Goldman devant le Club de la Presse de la ville de Chicago.

« Le sujet était « La relation entre anarchisme et littérature » et elle a parlé à ces hommes de comment ils pouvaient rendre libre, vrai et beau leur travail et leur vie, d’une manière qui aurait touché le cœur de n’importe qui, sauf de vieux journalistes.

“Vous êtes des prostitués mentaux!” leur cria t-elle. “Vous vous vendez, vous et votre travail, à vos rédactions ou à vos éditeurs. Il n’y a pas un seul homme libre parmi vous. Vous dites ce qu’on vous dit de dire — que cela soit vrai ou non; vous ne devez pas avoir vos propres opinions; Vous n’osez pas avoir la moindre idée; vous succomberiez d’indigestion si vous en aviez. Ce sont des hommes comme vous qui sont responsables de crimes publics, comme la pendaison de mes cinq camarades anarchistes dans cette ville il y a vingt-sept ans.” 2

Normand Baillargeon dans sa préface à  Une éthique de l’émancipation de Max Leroy remarque :

« Emma Goldman a été victime, tout particulièrement dans le monde francophone, d’une étrange amnésie qui a fait que le mouvement anarchiste, pourtant si enclin à célébrer son histoire et ses héros, semble parfois aisément oublier qu’il a aussi compté de nombreuses héroïnes » 3

Des années auparavant, May Picqueray écrivait :

« Dans les années 30, j’ai partagé leur vie pendant de long mois dans leur petit mas de St Tropez et collaboré avec Emma à la rédaction de ses mémoires
Pour ces raisons et beaucoup d’autres je ferai ce qui est en mon pouvoir pour faire connaître Emma Goldman et Alexandre Berkman aux camarades de la nouvelle génération.
Ce sera pour eux un enrichissement. » 4

Le travail reste à faire et ce qui suit en est une contribution.

Sur le site et son auteur

« Je » est un autodidacte écrivain, historien, traducteur, bref un amateur total, sans aucune formation, méthodologie ni moyens pour mener les recherches généralement requises pour ce genre d’exercice. Toutes mes excuses aux puristes. « Je » est également un anti-autoritaire sans chapelle et quelques lignes pourraient hérisser certaines orthodoxies.

Toutes les traductions inédites sont signées R&B – Racines et Branches – dont ce site est une annexe dédiée. Tous les textes peuvent être librement reproduits, sous réserve des droits d’auteurs. Pour ma part, dans la mesure du possible, j’essaie d’obtenir une autorisation. Ces traductions sont perfectibles et les commentaires sont les bienvenus à ce sujet.

La version V1 signifie qu’il s’agit d’une première écriture et les ajouts seront signalés par une date de mise à jour. L’objectif premier est la mise en ligne rapide d’une ossature biographique avec des documents pour illustration. Dans un second temps, et au cours des mois à venir, des compléments biographiques et documentaires y seront ajoutés. Des pages et des périodes couvertes peuvent donc être assez superficielles dans un premier temps.

Pour tout contact, utilisez la fonction »commentaires » qui est modérée et rendue publique qu’après lecture.

1.L’interprétation de l’Anarchie : La vie d’Emma Goldman Jason Wehling

2. Mother Earth Vol. IX n° 10 décembre 1914

3. Une éthique de l’émancipation Max Leroy   L’Atelier de Création Libertaire, novembre 2014.

4. Emma Goldman, par May Piqueray

LumetLongDayEs3

Emma Goldman une femme anarchiste est site dédié de Racines et Branches

 

 

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